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Grâce à BioFuelNet, j’ai eu la chance de participer à titre de conférencière au 5ième symposium international sur le bioraffinage forestier, lequel s’est tenu au début du mois de février 2015 à Montréal.  Ce symposium a été pour moi une belle occasion de présenter les résultats de mes derniers travaux de recherche qui portaient principalement sur la valeur monétaire d’arbres morts issus de la forêt québécoise pour la production de produits traditionnels (sciage et copeaux) et de produits énergétiques (granules de bois de type industriel pour l’exportation internationale vers l’Europe).

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Granules de bois

Les arbres morts suite aux perturbations naturelles ont été reconnus par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme une source importante de biomasse pour la production de bioénergie à l’échelle mondiale, et donc comme moyen de lutte aux changements climatiques. Au Québec, deux types de perturbations naturelles sont particulièrement susceptibles de générer des volumes de biomasse importants : le feu et les épidémies de tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana (Clemens)). Suite à de telles perturbations, les usines de sciage et de pâte et papier ont généralement l’obligation de récolter ce type de bois pour une certaine période de temps. Toutefois, plusieurs se plaignent de la qualité marginale de la fibre qui nuit à la rentabilité de leurs opérations. La bioénergie pourrait ainsi s’avérer un coproduit intéressant, permettant d’optimiser l’utilisation de la ressource forestière en offrant une voie de valorisation pour cette fibre de faible qualité, et de diversifier les produits pouvant en être tirés.

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Choristoneura Fumiferana

Par ailleurs, les arbres morts peuvent représenter plusieurs avantages pour la production de produits à valeur énergétique. À titre d’exemples, la perte d’humidité suite à la mort de l’arbre pourrait réduire le temps de séchage de façon substantielle et les coûts de transport de la matière première. Dans l’est du pays, les caractéristiques des arbres morts pour fins de bioénergie sont encore mal connues et peu documentées.  C’est pourquoi, nous procédons également à des tests en laboratoire afin d’en caractériser ses propriétés physico-chimiques et thermiques.

Les résultats de l’analyse financière présentés lors de la présentation suggéraient que, pour une scierie, la transformation d’arbres morts pour la production de granules de bois offrirait un bilan financier similaire à celui rattaché à la production de copeaux vendus à une usine de pâte. Il pourrait donc s’avérer pertinent de jumeler la production de bois de sciage à celle de coproduits à valeurs énergétiques, d’autant plus que les propriétés physico-chimiques des arbres morts nuisent dans bien des cas au processus de production des papetières. Tout cela dépend évidemment de la qualité de la biomasse, des conditions du marché et des priorités stratégiques des industries et des gouvernements.

Suite à la présentation, il a été fort agréable d’échanger avec les gens de l’audience ainsi qu’avec notre modérateur de session.  Ce dernier était d’origine suédoise et était fort impressionné de voir à quel point les forêts du Canada sont remplies de bois mort qui pourrait servir au développement de la filière de la bioénergie dans l’est du Canada. En Suède les forêts sont aménagées de façon intensive suivant de courtes rotations et la récolte des arbres se fait bien avant que les arbres aient le temps de mourir.

 

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